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Trek dans le Tassili n'Ajjer.





Il est des endroits qui fascinent et le Sahara fait assurément partie de ceux-là. Au cœur des neuf millions de km² du « désert des déserts », le Tassili n’Ajjer offre de somptueux itinéraires de treks appréciés des amateurs d’immensités vides. Par le hublot, entre Tam et Djanet Mais une visite dans les environs de l’oasis de Djanet doit aussi être l’occasion de rencontrer les Touaregs et de s’imprégner de leur culture. Ecouter, comprendre et deviser pendant des heures avec ces hommes reste le meilleur moyen de réussir votre séjour. Et peut-être qu’en rentrant vous ne penserez plus qu’à une chose : revenir… vite !
En guise d’invitation au voyage, voici quelques notes glanées pendant cette éblouissante – bouleversante oserais-je – semaine de marche.



J1 – On y est !


4 h 30, le réveil sonne et deux heures de route en direction de Marseille m’attendent. Enfin, j’y suis. Ce voyage dont je rêve depuis quelques années commence. Je retrouve Joël, en délicatesse avec son ticket de parking, mais tout aussi heureux et trépignant de partir. Le départ prend un peu de retard mais ce sont les plaisirs des charters (nous l’apprendrons plus tard, les Touaregs appellent notre compagnie aérienne Air Inch’Allah en raison de ses horaires approximatifs). Une heure de vol ; nous survolons l’Algérie et, première surprise, c’est de la neige que nous apercevons par le hublot, sans doute sur la chaîne de l’Atlas Tellien. Rapidement les immensités du désert supplantent la neige : espaces vides, entaillés seulement par les pistes et ponctués de quelques forages pétroliers. Première escale à Tamanrasset (Tam dans le jargon des sahariens, qui rappelle curieusement le Cham des alpinistes). Les joies du charter continuent de plus belle, avec d’abord un problème de tuyau de kérosène suivi d’un interminable palabre à propos de taxes. Après une chaude escale de 2 h 30 à griller sur le tarmac, l’avion repart en direction de Djanet, notre destination. Au bout de 40 minutes de vol, nous atterrissons dans une atmosphère quasiment opaque tellement l’air est chargé en sable. Un rapide passage par la ville, histoire d’acheter l’indispensable chèche (long morceau de tissu) pour se protéger du soleil et du sable, et nous gagnons notre bivouac par les pistes, au terme d’un véloce transfert en 4x4. La guerba, outre en peau de chèvre Les diesels se taisent et nous découvrons la paix de Tifartassine, entre dunes de sable blond, arches et tours de grès. Le guide, Chouayeb, se présente ; il dégage une autorité naturelle qui impose tout de suite le respect. La délicieuse chorba (soupe de vermicelles) du dîner permet de prendre contact avec l’équipe de Touaregs qui va nous guider pendant cette semaine. Les candidats au désert semblent marqués par leur voyage et se dirigent vite vers leurs duvets. Resté seul avec Joël, commence alors la première soirée de ces interminables discussions que nous aurons avec Chouayeb, Sidi-Ali, le cuisinier, et Ahmed, son aide. Elle nous permet de faire correctement connaissance et marque le début d’une connivence certaine avec l’équipe locale.
Le ciel se dégage, les étoiles éclairent le plafond de notre suite de plein air. C’est beau.



J2 - Première balade dans un univers étourdissant.

Le réveil ne sonne pas mais il est 6 h quand les blatèrements des chameaux me tirent des plumes (synthétiques) de mon duvet. Les Touaregs font leur prière puis s’activent pour le petit déjeuner et pour apprêter les montures à bosse. A 7 h 30, la randonnée commence dans les dunes en direction de Habdada, en bordure de l’erg Admer. Dans les semaines qui ont précédé, les pluies ont touché la région et nous sommes surpris de trouver des plages de verdure au milieu des dunes : « aman iman », l’eau c’est la vie, affirme un dicton local dont nous pouvons vérifier la pertinence.
Nous nous enfonçons dans un dédale de grès et de sables et la marche est propice aux échanges avec nos hôtes. Ils nous apprennent quelques rudiments de tamahaq, la langue touarègue : les « nagla, on y va ! » de Chouayeb rythment la randonnée.
A 11 h, la température devient trop chaude pour continuer la marche et la pause s’impose. Le rituel des trois thés préparés par Ahmed précède le repas de Sidi-Ali. Vers 15 h, la marche reprend en direction de Timras. Nous traversons alors un musée à ciel ouvert, dont nous observons les témoignages millénaires : des fragments de poteries, des sépultures, des pierres taillées… autant d’indices qui me rappellent mes lectures de Théodore Monod, dans ces passages qui ressuscitent si bien les scènes de vie quotidienne d’un Sahara où l’eau abondait. L’imaginaire se précise lorsque se présentent les premières peintures rupestres à l’ombre d’une grotte : des hommes, des chasseurs, ont vécu ici il y a 3000 ou 4000 ans.
La place de bivouac est encore d’une exceptionnelle beauté, située au creux d’un amphithéâtre de grès brun.


Dune à Habdada.